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vendredi 17 octobre 2014

Pourquoi l'amour des animaux ?

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Regard éthique sur les animaux - Ce qu’en dit le bouddhisme 

(ndlr) Un point de vue certes mais emprunt de toute l'éthique de la doctrine où l'amour est réciprocité. Pourquoi écarterions-nous l'animal qui fait partie de notre monde ? Pourquoi acceptons nous sa sensibilité ? 

Aurélie Godefroy : La question de l’animalité et son impact sur l’avenir de l’homme a toujours tenu une place primordiale dans le bouddhisme, où l’engagement spirituel peut et doit être doublé par un engagement éthique et écologique. Mais comment les animaux sont-ils réellement considérés ? En quoi ne peut-on pas exclure l’animal du propre de l’homme ? Comment la connaissance des animaux peut-elle nous faire grandir humainement et en quoi sont-ils des vecteurs de transcendance ? Autant de sujets que nous allons aborder dans ce premier volet de ces deux émissions, que nous avons décidé de consacrer au monde animal.
Pour en parler avec nous, le Dr Daniel Chevassut. Vous êtes médecin responsable de la consultation de la souffrance au C H U de l’hôpital Nord de Marseille et vous pratiquez le bouddhisme tibétain, et le Dr Yvan Beck, médecin vétérinaire. Vous êtes également un pratiquant du bouddhisme tibétain et vous présidez l’association Planète Vie.
Nous allons commencer cette émission en regardant un reportage sur la complicité très particulière entretenue par les écuyers et leurs chevaux, lors d’une représentation de l’académie du spectacle équestre à Versailles.
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Nous sommes au cœurhttp://www.bouddhisme-france.org/ec... de la grande écurie du Château de Versailles, fondée il y a quatre ans par Bartabas. L’académie du spectacle équestre accueille aujourd’hui une quinzaine d’écuyers, qui entretiennent tous avec les chevaux une relation unique.
-" On est toujours deux, donc il faut être complices, il faut bien s’entendre, il faut arriver à avoir une relation basée sur l’amour, l’écoute. C’est important que cavalier et cheval communiquent bien et à partir de là, quand on a une relation forte avec son cheval, tout se passe bien. C’est pour cela que c’est une passion. C’est comme un couple. Mais il faut avoir une écoute encore plus grande, parce qu’on ne peut pas lui expliquer, ni s’excuser, ni revenir en arrière. Un cheval a une mémoire et si on fait quelque chose qui ne lui convient pas, on ne peut pas s’excuser, donc il faut toujours faire attention à cela et toujours prendre son temps. "
L’art équestre, c’est le dialogue en tête à tête avec le cheval. " Vous vous efforcerez de causer avec votre cheval et de vous en faire écouter. Le cheval s’imprégnera de vos qualités comme il l’eut fait de vos défauts. "
Humilité, observation, respect, créent une complicité qui permet à l’homme et à l’animal d’évoluer en miroir l’un de l’autre, chacun à l’écoute de leur sensibilité respective.
" Je demande aux cavaliers de regarder leur monture, lorsqu’ils mettent pied à terre, après une séance d e travail, de contempler son œil, et de faire un examen de conscience pour se demander s’ils ont bien agi envers cet extraordinaire être vivant. "
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A.G. : Dr Chevassut, vous pourriez nous expliquer comment les animaux sont perçus dans le bouddhisme, comment sont-ils considérés .
Dr Chevassut : Dans le bouddhisme, l’animal est considéré comme un être sensible, qui, comme tout être humain, souhaite éviter la souffrance et trouver le bonheur. Et le monde animal appartient à un des six mondes d’existence conditionnée, ce qu’on appelle le samsara, et c’est un certain type de karma, de conditionnement qui va donner naissance, sous une forme animale, sous une incarnation animale.
A.G. : Il est donc difficile, Yvan Beck, de parler de l’animal sans évoquer l’homme ?
Yvan Beck : Oui, et je crois qu’il y a surtout deux façons et deux mondes un peu différents. Il y a d’une part, le monde occidental, qui a fractionné son approche, qui a travaillé en entités divisées, régies par des règles immuables et puis il y a le bouddhisme et le monde oriental, qui a une approche beaucoup plus sous forme de processus. Les choses sont en mouvement, en changement perpétuel et, à ce niveau là, on pourrait dire que tous les êtres sensibles ont cette nature de Bouddha.
A.G. : Dr Chevassut, pourquoi le principe d’interdépendance est-il aussi primordial entre l’homme et l’animal ?
Dr Chevassut : Ce qu’on entend par principe d’interdépendance est que tout simplement mon propre bonheur est lié à celui de l’autre. En clair, je ne peux être heureux que si l’autre aussi est heureux. Et on peut considérer l’interdépendance à un double niveau : - A un niveau relatif, par exemple, il est facile de voir que l’animal participe de l’écosystème. S’il n’y avait plus d’insectes, un certain nombre de plantes et de fleurs ne seraient plus pollinisées et il y aurait une disparition des espèces végétales, qui serait préjudiciable à l’homme et également aux animaux. On peut voir aussi que cette interdépendance intervient d’une manière très importante dans le cadre de la relation d’aide et de la relation thérapeutique. On peut donner comme exemple l’interaction des animaux et des personnes âgées dans les maisons de retraite, dans les unités de soins palliatifs et également avec des enfants qui sont handicapés.
A.G. : d’ailleurs vous avez une très belle histoire à nous raconter à ce sujet ?
Dr Chevassut : Oui. J’ai l’histoire d’Astrid et d’Hermès, un chien. Astrid est une enfant handicapée, qui, jusqu’à l’âge de trois ans, ne bougeait absolument pas ses bras. C’était une poupée chiffon, même vis-à-vis de sa maman, elle n’avait jamais bougé ses bras. Et puis un jour, il y a eu cette rencontre magnifique avec Hermès, qui a délicatement posé sa tête sur le corps de l’enfant et ils ont commencé à communiquer par des gémissements, des petits cris et puis, au bout d’un moment, Astrid a tendu ses bras vers Hermès. C’était la toute première fois qu’elle bougeait ses bras. C’est donc une très belle histoire d’amour. - A un niveau plus absolu, il faut voir que, plus la pratique spirituelle va s’affiner, plus la relation avec le monde phénoménal et les animaux va s’élaborer, va se structurer dans le sens d’une communication plus profonde, voire même d’une communion.
A.G. : Yvan Beck, est ce que le bouddhisme s’est exprimé sur le mal, la souffrance infligée aux animaux ?
Yvan Beck : Je pense que la souffrance est vraiment au centre de toute la réflexion des enseignements que nous a donné le Bouddha, non pas comme quelque chose qui nous pèse sur les épaules, qui est inéluctable, mais vraiment comme un outil de travail. On considère que la souffrance est la nature même du samsara, c’est-à-dire de la façon névrotique dont nous menons nos vies et un de ses premiers enseignements qu’il a donné sur les quatre nobles vérités justement, partait du fait qu’il fallait avoir un constat, constatait que cette souffrance est là, qu’elle a une origine, qu’elle a une cessation, et qu’il y a un chemin vers la cessation de la souffrance. Et c’est en prenant ce chemin là, donc en voyant justement toutes ces causes, toutes ces raisons qui font qu’au lieu d’aller vers le bonheur, on met en place les causes de notre malheur futur. En prenant ce chemin justement, on parvient à se libérer, et à atteindre ce que les bouddhistes appellent le nirvana, c’est-à-dire le paradis.
A.G. : Est-ce qu’il a donné également des outils pour ne pas entraver ces idéaux d’amour et de compassion ?
Yvan Beck : Je pense qu’il a donné un grand nombre d’outils, que l’on retrouve à peu près partout, aussi bien au niveau de grands préceptes. Le premier des grands préceptes que l’on fait dans un chemin bouddhiste, c’est la prise de refuge. Et un des premiers préceptes de cette prise de refuge, c’est de ne pas nuire aux autres êtres. Dans le fait de ne pas nuire, il y a deux répercussions immédiates : D’abord, et c’est repris dans tous ses enseignements sur le karma, c’est de ne pas prendre la vie, de ne pas tuer. On le donne même sous la forme du nom de meurtre, de prendre la vie d’un autre être, que ce soit un être humain, un être animal ou même toute forme de vie dont on ne connaît pas l’existence, avec l’intention de la prendre. Donc, cela c’est le premier aspect : ne pas prendre la vie. Le deuxième aspect, ce sont tous les enseignements sur la générosité et sur la souffrance, en tant que telle. Tout le grand véhicule, le véhicule de la compassion est dirigé vers ce constat de la souffrance, justement pour générer le désir d’aider les autres et de les délivrer de la souffrance.
A.G. : Est-ce qu’il existe des textes qui traitent aussi bien de la souffrance que de la mort de l’animal, dans la perspective de leur exploitation par l’être humain ?
Yvan Beck : On peut faire un saut dans les quatre grandes contemplations. Par exemple, la contemplation sur le royaume animal, il y a un grand nombre de textes qui décrivent les abus et la sur utilisation de l’animal par l’homme, avec tout ce qu’elle comporte comme souffrance. Le royaume animal en tant que tel n’est pas un royaume qui est pire ou meilleur que le royaume humain, mais il est caractérisé par une prédominance du physique et le fait que les animaux n’ayant pas le même niveau d’intelligence et de conscience que nous, ne peuvent pas utiliser cela pour sortir de leur condition et atteindre l’Eveil.
A.G. : Je peux préciser qu’on peut trouver ces textes dans le livre " Le chemin de la perfection ". Dr Chevassut, on a parlé des six mondes tout à l’heure. Est-ce qu’on peut revenir sur le concept de réincarnation, en ce qui concerne l’animal ? Peut-être plutôt de renaissance ?
Dr Chevassut : Oui, ce qui va donner lieu d’un point de vue bouddhiste, à une réincarnation animale, c’est une certaine forme d’ignorance, d’obscurité. Mais en aucun cas, il ne s’agit de stupidité. Beaucoup d’animaux sont capables de sensibilité, de ressentir beaucoup de choses et effectivement, une certaine communication peut s’établir à un niveau très profond.
A.G. : Vous évoquez, dans le rapport du Conseil de l’Europe sur le bien être des animaux, que les animaux et la nature ont une capacité à nous relier au sacré, au plus profond de notre être. En quoi sont-ils des vecteurs de transcendance ?
Dr Chevassut : L’animal, beaucoup plus que l’être humain, vit dans la simplicité, dans l’immédiateté, dans l’ici et maintenant. C’est d’ailleurs ce qu’on fait nous-mêmes lorsqu’on pratique la méditation. On développe le ici et maintenant. Et ce ici et maintenant est justement un moyen d’aller vers cette dimension plus sacrée qui nous habite. L’animal aussi, par sa beauté, la nature, peuvent nous ravir, induire chez nous des moments de ravissement, des moments où l’on va s’oublier et on va pouvoir expérimenter cette dimension plus profonde qui est bien souvent voilée, la plupart du temps, dans notre existence.
A.G. : Yvan Beck, pour terminer cette émission, on a vu tout au long de cette discussion que l’animal était loin d’être un objet de consommation, dans le bouddhisme. Est-ce que vous pouvez nous rappeler, à la fois, dans le grand et le petit véhicule, quelles sont les deux raisons essentielles pour lesquelles justement ça ne peut pas être un objet de consommation ?
Yvan Beck : Disons, au niveau du petit véhicule tout d’abord, pour que le chemin bouddhiste puisse vraiment se mettre en place, il faut qu’il y ait une forme de renonciation, c’est-à-dire simplifier son existence, le plus possible, pour commencer à trouver cet équilibre avec soi-même et avec le monde, créer le lien, avoir cette forme de transcendance. Et il est clair qu’à ce niveau là, tout l’outil qui a été mis en place au niveau de la production industrielle et des élevages est quelque chose qui ne simplifie pas notre existence et crée par contre un grand nombre de souffrances, vis-à-vis de l’animal et vis-à-vis de l’univers et du monde, d’une façon générale. Au niveau du grand véhicule, par contre, l’ensemble du chemin bouddhiste est fait de compassion. Et il est impossible d’avoir ce chemin d’ouverture de cœur vers les autres formes de vie, à partir du moment où, dans une première étape, on prend la vie d’un autre être, et où, dans une deuxième étape, on crée toutes les conditions de la souffrance de cet être et de notre souffrance, en fin de parcours.
A.G. : Mais on pourrait dire, pour conclure, qu’en revanche, la contemplation de la souffrance du monde animal, est un chemin incroyable vers l’ouverture de cœur et vers la voie de l’Eveil ?
Yvan Beck : Elle est vraiment utilisée, notamment dans le Mahayana, comme un très grand outil d’ouverture de cœur et il y a toute une série de procédés, qui sont utilisés pour cela.
A.G. : Je vous remercie infiniment tous les deux d’avoir été présents tout au long de cette émission.
Publié par Dajaltosa - Source :  U.B.F -  Invités : Dr Daniel Chevassut et Dr Yvan Beck

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